Cucumber Clover Club

Quand tu es un patron d’industrie et que tu fais parti d’un club sélect, tu bois un Clover Club. Enfin ça c’était avant la prohibition. Où plutôt avant l’avénement du marketing. Et pour fêter le 80ème cocktail présenté dans ces colonnes, on va le twister légèrement. 

Aux milieux des artères de Philadelphie, un club privé, le Clover Club. Derrière les portes closes aux communs des mortels, les notables, avocats, patrons et autres figures de la ville se retrouvent pour préparer la domination du monde. Pour calmer leurs ardeurs dans cette tache pharaonique, le barman du lieu leur concocte une boisson gourmande à la jolie teinte rose. Le cocktail a pris le nom du club et est devenu un classique des classiques aujourd’hui. Mon histoire extrapole un peu la réalité mais la question est quand même de savoir ce qu’il a mis dans ses shakers pour en faire un classique ? 

Du gin évidemment ! Il aurait été difficile d’en faire autrement.
Mais pas que. Le Clover Club est une sorte de sour. Sour, ça veut dire un alcool, du jus de citron et du sucre, pour faire simple. Ici, on y ajoute une liqueur de framboise et un blanc d’oeuf.

Et oui, dans les années 1910/1920, être un homme et boire un cocktail rose ne posait aucun problème. Pourquoi il en serait différent aujourd’hui ?
Je laisse les gens du marketing vous répondre avec des théories qui ont fait avancer l’humanité.
Je me fais le chantre de ne jamais classer un cocktail pour telle ou telle population, les goûts et les couleurs, vous voyez.
Et le Clover Club est typiquement la boisson qui met tout le monde d’accord sans avoir à y débattre.
C’est un cocktail qui a de la personnalité tout en étant gourmand, rond, fruité. Il se sent bien avec tout le monde… et inversement. 

Mais je dois avouer que le côté fruité n’est pas le versant des cocktails que je préfère. Alors pour atténuer cette partie, je l’ai twisté en remplaçant la framboise par du concombre ! 

Cucumber Clover Club
– 5 cl. Gin
– 1,5 cl. jus de citron jaune
– 1,5 cl. de sirop de concombre
– 1 blanc d’oeuf

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Au skaker, mettre tous les ingrédients, sans glace. Faites un premier dry shake pour émulsionner le blanc d’oeuf et commencer à unifier les protagonistes. Ajoutez ensuite les glaçons, et c’est reparti pour secouer les bras avec le shaker dans les mains.
Une double filtration et direction une coupe avec une pelure de concombre en déco. 

Question gin, vous allez me dire Hendrick’s. Ca serait la facilité en effet ! Un gin frais est une bonne solution pour conserver ce style tendu et apporter une belle élégance à l’ensemble : Tanqueray Ten, Geranium Gin, ou London N°3.
Vous voulez du gin français ? Optez alors pour Generous Gin, G’Vine Floraison. Pour plus de gourmandise, Juillet le nouveau gin de Bariana ou Le Gin de Christian Drouin

Pour le sirop de concombre, la marque 1883 de la maison Routin en fait des très bien.

Chouette, c’est vrai que c’est gourmand, frais et assez peu sucré. On en boirait à toute heure. Tentez dans une tasse à café, on pourrait presque croire que c’est un cappuccino… vert !

Sur la bande son, c’est un peu le billard à trois bandes pour y arriver. Pour résumer, j’ai pensé à La Nuit Américaine de Lescop car je trouve que cela fonctionne bien et cela faisait écho à l’origine US du cocktail. J’ai donc fouillé dans les archives d’extraterrien pour voir si j’avais déjà parlé de lui. Et oui en août 2013, avec un cocktail au concombre !

Cela m’a aussi permis de voir que je vous avais déjà parlé du Clover Club en avril 2014. Mais de manière plus sommaire. La bande son était Etienne Daho avec Amoureux Solitaires (chanson originale de Lio ; bon ok !)

Et c’est très personnel, mais je mets ces 2 artistes dans la même catégorie des paroliers français à la musique pop (cold wave, new wave ou je ne sais quoi, demandez à Manoukian ou à Nova pour les termes exactes). 

Bref, j’étais sur la bonne voie/voix. Lescop venant de sortir un nouvel album, Echo, je ne pouvais pas rester sur La Nuit Américaine. Et pour tout vous dire, je l’ai vu en concert il y a peu, & c’était absolument sensationnel. Un son puissant, des zicos qui se défoncent sur scène, un volume dantesque, le Live dans toute sa splendeur. 

Je vous laisse avec Dérangé. C’est le son studio mais imaginez qu’ils ont mis les doigts dans la prise et vous serez encore loin de la réalité !

& pour rester dans l'esprit :

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