BROCKMANS

Brockmans_x_extraterrien

Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas présenté un gin. Alors pour nos retrouvailles, on va sortir des sentiers battus, traverser la Manche et découvrir Brockmans, une nouveauté fraichement débarquée sur les étagères françaises. Pour résumer en un mot : atypique. 

Il faut le dire tout de suite, il va y avoir 2 clans, les pour et les contre Brockmans. Pourquoi une telle radicalité dès le début ? Qui a dit violence. Et je ne parle pas du flacon. Sur ce point là, les goûts et les couleurs se défendent à armes égales. 

Non, c’est plus que Brockmans joue la carte des new western gins, cette branche tendance sécessionniste d’une catégorie qu’ils jugent en manque d’innovation. Mais à trop flirter avec les lignes, ne finit-on pas par les dépasser ?
Il est vrai que la définition du gin peut laisser un peu sur sa faim. Il faut que le goût des baies de genièvres soit prépondérant. Ok, mais précisément par rapport aux palais de qui ?! 

Dans ses conditions, 4 amis ont décidé d’élaborer un gin qui ne soit pas un nouveau flacon de plus mais qui offre une expérience différente. Direction le centre du pays, et la jolie bourgade d’Oldbury, où au milieu des 10 830 habitants de la ville, un alambic traditionnel a commencé à sortir des essais.

Des tests et encore des tests pour réussir à marier les botaniques sélectionnées que sont la baie de Genièvre, la Coriandre, la Racine d’iris, la Casse, la Réglisse, l’Angélique, l’Amande, la Mûre, la Myrtille et les zestes d’Orange et de Citron.
Avec en préambule, une macération classique des plantes dans l’alcool neutre pour en extraire les saveurs. 

À y regarder de plus prêt, la liste des ingrédients n’a rien d’extravagante. Mais comme j’aime le dire souvent, à radoter en fait, le gin est une vodka qui a réussi. Mais pour réussir, il faut savoir doser chaque plante car c’est leur alchimie, et leurs quantités respectives, qui feront que la magie opérera. Il est très rare de voir un bon gin sortir en 1 mois, cela demande du travail ; pour Brockmans il y a eu plus de 100 tests. 

Et on sent tout de suite là où ils ont forcé la dose ! 

DÉGUSTATION.
Au nez, on peut se demander si on ne nous a pas refilé un sloe gin. Les notes de fruits rouges, façon prunelles, accueillent d’emblée le consommateur. On a un côté bonbon anglais, mais en s’y attardant un peu plus, l’histoire est plus subtile que ça.
Et notamment en bouche. L’attaque est belle, soyeuse et somme toute classique. L’évolution nous ramène à cette trame fruitée qui prolonge dans la durée la dégustation. Côté baies de genièvre, on flirte grave avec les lignes, limite second service ; heureusement l’attaque est là ! On sent des notes subtiles avec également la coriandre et quelques touches épicées en finale finale, au milieu de cette rétro-olfaction fruitée.

Brockmans ne se vendra pas tout seul. Le caviste va devoir expliquer le contenu de la bouteille. Cette partition radicalement différente des standards mérite précision pour que le consommateur ait parfaitement conscience de ce qu’il achète. 

Car oui, ce positionnement est intéressant. Je trouve par exemple qu’il est toujours difficile d’utiliser un sloe gin dans les cocktails car il peut vite tout écraser. Avec Brockmans ce risque est gommé et il est évident qu’il fera un compagnon de mix fort intéressant. Revisiter les classiques avec est étonnant ; je vous encourage à le faire chez vous ou dans un bar s’il a la bouteille. 

Vous l’aurez compris, jusque là, j’ai fait mon Suisse dans mon avis sur Brockmans.
Je suis toujours ravi de voir de nouveaux produits, surtout quand ils essaient de nouvelles choses, et Brockmans offre réellement un usage différent.
Et c’est bien là où je bloque, sur la dénomination du produit. En s’éloignant trop de l’esprit du gin, tout en mettant gin sur l’étiquette, n’est-ce pas dangereux ? Vous me direz, le gin est une sorte de flavoured vodka, donc comment dire qu’il s’agit d’un flavoured gin, pléonasme ?! 

Essayez-le, cette approche différente mérite attention et dites moi dans quelle catégorie vous l’auriez classée, réelle ou imaginaire !

brockmansgin.com

 

& pour rester dans l'esprit :

Discussion

Pas de commentaire pour cet article.

Poster un commentaire

Si à 50 ans on n’a pas vécu un moment extraterrien, c’est qu’on a raté sa vie.
Pour toute information : cocorico(at)extraterrien.com
N’oubliez pas de consommer avec sagesse.
Delicious times improve our lives, happy the man who share them.
To get in touch : cocorico(at)extraterrien.com - Drink responsibly.
© extraterrien 2009 - 2017.