Gin traditionnel vs Gin moderniste

Gin traditionnel ou Gin moderniste ? 2 camps s’affrontent, mais à la fin on peut se demander si les deux n’en ressortiront pas vainqueurs.
Moi je vous le dis, rien ne vaut un débat pour célébrer le #WorldGinDay d’aujourd’hui !

Car l’objectif est que l’on parle de gin et surtout qu’on le consomme. Il a trop longtemps était considéré comme un alcool d’hôpital. Les souvenirs de ces gins insipides me hantent encore. Et pour en discuter très souvent, je suis toujours surpris de voir toutes ces personnes ne souhaitant pas renouveler une expérience Gin juste parce qu’il y a 10, 15 ou 20 ans, ils ont bu de mauvais produits.

Alors quand on y réfléchit, que voit-on ?
On s’aperçoit que le retour du gin se fait par l’intermédiaire de la mixologie. Et c’est tant mieux. Le gin est un spiritueux élégant qui est d’ailleurs parfait pour les cocktails. Peu de gins peuvent vraiment s’apprécier seuls. Sa structure aromatisée apporte de vraies notes et une profondeur bien plus subtile que la vodka qui n’est là, elle, que pour la puissance de l’alcool (j’exagère à peine !).

L’époque Mad Men est en plein boom et les cocktails de cette période sont de retour sur les comptoirs. Les cocktails les plus simples, Dry Martini, G&T… retrouvent aussi une médiatisation. A ce titre, les espagnols sont devenus en quelques années de gros consommateurs de gins, en le servant pratiquement exclusivement en Gin&Tonic. Dans le moindre bar espagnole, il n’est pas étonnant de voir une dizaine références de gins différents. (True Story à San Sebastian il y a quelques mois).

En face, de nouveaux bars à cocktails ouvrent. Ils s’inspirent de l’ambiance des années prohibitions. Ces derniers surfent sur la réinterprétation de cocktails, dans des recettes plus complexes, mixant plus d’ingrédients et donc demandant des goûts et des notes plus spécifiques. Ils utilisent aussi des produits de grandes qualités, un respect du cocktail… et du consommateur !

Regardez la Fiat 500, le modèle originale est craquant bien que rudimentaire. Quant au modèle du XXIème siècle, il reprend le concept en l’adaptant aux besoins d’aujourd’hui. Doit-on crier au scandale ? Non, car l’esprit de la voiture a été conservé.

Et c’est sûrement là que les levées de boucliers se font, dans la définition du gin. Normalement, les notes de genièvre doivent être prépondérantes. Dans la dénomination du London Dry Gin, vous ne pouvez ajouter que de l’eau et de l’alcool neutre à l’issue des distillations et les botaniques doivent-être naturelles. Très restrictif ou au contraire trop permissif dans l’interprétation que l’on peut en faire ?

C’est sûr, quand un spiritueux sort avec des botaniques tellement nombreuses ou ‘excentriques’, les baies de genièvre sont forcément moins présentes. Y-a-t-il tromperie sur la marchandise ? Doit-on l’appeler d’une autre façon ? Là, c’est au rôle des bartenders, des cavistes et même de la communication d’apporter un éclairage sur les gins pour guider les consommateurs.
Quand on regarde un rayon Whisky, sans aide, il est parfois difficile de faire son choix pour trouver le flacon aux caractéristiques recherchées.

Ensuite, le gin à proprement parlé.
Quand Berry Brothers & Rudd sort son London N°3, ils veulent un gin ultra typé pour se marier parfaitement en Dry Martini. L’idée en soit est classique mais la réalisation reste moderne avec une fraicheur que l’on n’avait sûrement pas d’antan.
Et quand on regarde un Monkey 47 par exemple, il est évident qu’il n’est pas adapté en Dry Martini dans sa recette originale. Mais dans d’autres compositions, il est parfait (Allez tester le Flower Sour au BallRoom, vous n’en reviendrez pas !).

On arrive en fait à un classique accord Gin/Cocktail. Vous connaissez les accords Mets/Vins, et bien là, c’est pareil. Pour obtenir un résultat qualitatif, il est important de bien choisir son produit. Et c’est sûrement comme ça que l’on redécouvrira le gin et que l’on arrêtera une bonne fois pour toute de dire, oh non pas de gin. Ok ?!

Vous l’aurez compris, je ne prendrai pas position pour un camp ou un autre, je suis pour que le blason du gin soit définitivement rétabli. Reste à chacun de choisir ses préférences que cela soit en terme de goût et d’usage.

Je peux vous conseiller cet article (en anglais) qui reprend ce débat. Les deux protagonistes sont Demond Payne, Master Distiller de Beefeater (retrouvez une interview de Desmond ici) et Gerry Calabrese de Hoxton Gin (il s’agit d’un gin distillé avec de la noix de coco et du pamplemousse. Pour l’avoir dégusté à Vinexpo, c’est limite perturbant !).

& Vive le Gin !

& pour rester dans l'esprit :

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